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Nicole Hardouin

 

 

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poésie

 

 (attention, notre Jury prendra en compte les poèmes érotiques chantant la fête des corps,

les poèmes d'amour célébrant  l'amour du coeur ne seront pas acceptés,

le Jury est le seul juge pour la qualité des poèmes, ses décisions sont sans appel)

*

à envoyer par messagerie

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  (attention les poèmes suivants sont protégés par copyright auprès des éditeurs concernés

toute copie même partiels interdite)

 

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ÉROTIQUE

 

Jean-Pierre Paulhac

  

Nicole Hardouin

N

 NICOLE HARDOUIN

 

Mirages
 

Chimères, chimères

Dans le vagabondage de mes songes, je suis captive de tes erreurs couleur de sauge, de mangue et de tubéreuse.
Chimères vénéneuses, venin et ambroisie, bois, je retiens la pulpe de tes lèvre. A fleur de sel marin, sur une diagonale folle, elles sont d’impérieux géographes quant aux sentes à suivre et savent où se poser. Mais le sel fond si vite sur les lèvres d’un explorateur.


Mirage, mirage, je te retiens à marée haute, à marée basse, sur le blanc sur le noir, dans les ressacs de l’utopie, ne te retourne pas, tu n’es pas prêt, tu es au-delà des légendes, celles que l’on croque comme des pierres.
Chimères, chimères, je t’ai aimé à t’en rendre fou, à t’en rendre sage, sirènes et elfes confondus. Nous avons fait l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux radeaux en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme des cernes bleus autour d’un cri.


Tu étais un roi, j’ai fait de toi mon fou, mon fou de Bassan, mon ravi, mon délirant. J’en avais croisé des silencieux, des émerveillés, certains en perdaient la tête mais avaient du cœur, d’autres l’inverse ; toi tu étais mon mirage rouge et nous nattions des ronces sur des seuils crépusculaires, dans des draps de suie.


Je t’ai fait hurler jusqu’à mordre la cendre, jusqu’à oublier ton nom, jusqu’à ramper dans l’ardence des flammes que je tisonnais, jusqu’à perdre ta diagonale, jusqu’à perdre ta tête.


Chimère, chimères, la nuit tressaille, les cases se brouillent, tu as la tête à l’envers, tu ne vois plus, je ne suis plus la reine. Le silence joue avec l’attente, jeu perdu, le noir et blanc s’entrecroisent. Plus rien, impair noir et passe, tout était écrit, nous étions trop près de l’irréalisable, échec et mat.
.
Chimères, chimères, tes sens délirent et tes mots butent à cloche-pied, la folie rit derrière son masque, tu es devenu mon Styx, mes ténèbres, ma barque sans retour.


Mirages, mirages, les échos s’enfuient, les énigmes s’enroulent dans l’insolence des songes, tu dérives dans des traces sans légendes, tu hurles dans ta nuit de suie.


Les liqueurs de ton corps sont taries, je ne suis plus la reine, mais, peut-être ailleurs, la Gravida, la Belle ferronnière ou Lilith, jalousie, jalousie.


Il te reste juste la blessure de la source, brume sur la brisure des aubes aux soies de ronces. Écoute : les spectres traînent leurs crécelles, un jour de plus, un jour de moins dans la légende d’un amour perdu.


NICOLE HARDOUIN

 

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